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Le financement des cures thermales revient au cœur des discussions budgétaires. Dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, le gouvernement envisage de transférer 200 millions d’euros de dépenses liées au remboursement des cures thermales, actuellement prises en charge par l’Assurance maladie, vers les complémentaires santé. Pour rappel, ce montant représente 0,1 % des dépenses de la Sécurité sociale.

Remboursement des cures thermales
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PLFSS 2027 : 200 millions d’euros de dépenses transférés aux complémentaires santé

Le 8 octobre 2026, lors de la présentation du budget de la Sécurité sociale devant le conseil de la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam), la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé un transfert de 700 millions d’euros de dépenses vers les complémentaires santé pour 2027. Sur ce montant, 200 millions d’euros concerneraient les cures thermales conventionnées.

Cette annonce intervient quelques jours après la présentation du projet de loi en Conseil des ministres, le 1er octobre. À cette date, les cures thermales ne figuraient pas explicitement parmi les mesures d’économies détaillées. Les modalités précises de ce transfert, notamment son calendrier d’application et son articulation avec les contrats des complémentaires santé, restent toutefois à clarifier.

Actuellement, les cures thermales conventionnées prescrites par un médecin sont prises en charge en partie par l’Assurance maladie. Le forfait thermal est remboursé à 65 % du tarif conventionnel et la surveillance médicale à 70 %. Des règles spécifiques s’appliquent notamment aux cures liées à certaines affections de longue durée (ALD).

Les curistes assument déjà une part importante du coût de leur cure, notamment les frais de transport, d’hébergement et de repas. Il est important de rappeler que le remboursement par la Sécurité sociale ne couvre pas l’ensemble des dépenses liées à ces trois semaines de soins.

Le transfert envisagé vers les complémentaires santé pourrait modifier cette répartition.  Dans son communiqué de presse du 9 octobre 2026, le CNETh rappelle que les contrats responsables des complémentaires santé ne sont soumis à aucune obligation générale de prise en charge des soins thermaux.

Selon les modalités retenues, les mutuelles pourraient prendre en charge les dépenses transférées, en totalité ou en partie. Dans le cas contraire, certains curistes pourraient devoir payer davantage de leur poche. À ce stade, les conséquences sur le reste à charge des patients et sur les cotisations des complémentaires santé restent incertaines.

La cure thermale : quels bénéfices pour les patients ?

La cure thermale est un traitement médical reconnu pour la prise en charge de certaines maladies chroniques. De nombreux curistes témoignent d’une amélioration de leurs symptômes, de leur qualité de vie et de leur quotidien après une cure.

Selon les pathologies, les soins thermaux peuvent contribuer à soulager durablement certains symptômes et à limiter le recours aux soins dans les mois qui suivent. La Haute Autorité de santé (HAS) mène actuellement une évaluation du service médical rendu des cures thermales afin d’analyser les données scientifiques disponibles sur leurs bénéfices.

Le CNETh dénonce un « déremboursement qui ne dit pas son nom »

L’annonce a rapidement suscité une réaction du Conseil national des établissements thermaux (CNETh). Dans un communiqué publié le 9 octobre 2026, l’organisation professionnelle dénonce un transfert qui, selon elle, risque de se traduire par une diminution effective de la prise en charge des cures thermales.

Le CNETh estime notamment que la mesure est annoncée sans garantie que les complémentaires santé prennent le relais et avant la publication des conclusions de l’évaluation du service médical rendu des cures thermales engagée par la Haute Autorité de santé (HAS).

L’organisation rappelle qu’environ 500 000 patients suivent chaque année une cure thermale prescrite par un médecin, notamment pour des pathologies chroniques rhumatologiques, respiratoires ou vasculaires. Elle s’inquiète des conséquences potentielles d’une réduction de la prise en charge pour ces patients, mais aussi pour les établissements et les territoires thermaux.

Qu’est-ce que le CNETh ?

Le Conseil national des établissements thermaux (CNETh), créé en 2002, regroupe les établissements thermaux français. Il défend leurs intérêts auprès des pouvoirs publics et de l’Assurance maladie, promeut la médecine thermale et soutient les études scientifiques visant à évaluer ses bénéfices médicaux.

Quelle suite pour le remboursement des cures thermales en 2027 ?

Le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 est actuellement examiné par les députés. Un premier vote est prévu le 27 octobre à l’Assemblée nationale.

Face au projet de transfert des 200 millions d’euros, la mobilisation se poursuit pour défendre le remboursement des cures thermales. Le 12 octobre 2026, Denis Fégné, député des Hautes-Pyrénées et président du groupe d’études sur le thermalisme à l’Assemblée nationale, a adressé un courrier à la ministre de la Santé avec le sénateur du Puy-de-Dôme Jean-Marc Boyer et Julien Dubois, maire de Dax et président de l’Association nationale des maires des communes thermales.

Ils demandent au gouvernement d’abandonner ce projet, de maintenir les conditions actuelles de remboursement jusqu’aux conclusions de la Haute Autorité de santé (HAS) et de recevoir les représentants de la filière thermale.

Dans son communiqué, Denis Fégné dénonce une décision prise sans concertation : « On ne peut pas condamner toute une filière du jour au lendemain, sans concertation ni évaluation des conséquences sanitaires, sociales et économiques d’une telle décision. »

En parallèle, la Haute Autorité de santé (HAS) poursuit son évaluation du service médical rendu des cures thermales. Ses conclusions seront particulièrement attendues.


Article publié par Laura Dupuy

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