La France serait l’un des seuls pays à rembourser les cures thermales ? Cette affirmation, souvent avancée dans les débats sur le thermalisme, ne résiste pas à l’analyse des systèmes européens.
À l’occasion de la 3e Journée parlementaire du thermalisme, à laquelle nous avons assisté, plusieurs experts ont rappelé que de nombreux pays européens financent eux aussi les cures thermales, parfois dans des conditions comparables, voire plus favorables qu’en France.

Dans l’imaginaire collectif, le thermalisme français serait une exception en Europe. Pourtant, la réalité est toute autre.
Ainsi, il s’avère que de nombreux pays européens reconnaissent l’intérêt médical des cures thermales et les intègrent à leurs politiques de santé publique. Allemagne, Italie, Espagne, Hongrie, Pologne ou encore République tchèque disposent de systèmes de prise en charge structurés.
Selon l’Association européenne des établissements thermaux (ESPA), qui fédère plus de 1 400 établissements en Europe depuis 30 ans, la filière thermale représente environ 25 millions de visiteurs par an et près de 850 000 emplois directs, indirects et induits en Europe.
Dans ce contexte, la France n’est pas une exception en matière de prise en charge. Elle s’inscrit au contraire dans un paysage européen très diversifié, où les niveaux de remboursement et les modèles d’organisation varient fortement d’un pays à l’autre. En effet, il faut savoir que dans plusieurs pays européens, les remboursements peuvent atteindre 80 à 100 % des soins et inclure une partie, voire la totalité, des frais d’hébergement.
En Allemagne, les cures thermales peuvent être prises en charge par les caisses d’assurance maladie dans le cadre de dispositifs de prévention ou de réhabilitation, mais elles restent moins facilement accessible, avec en général une cure autorisée tous les 3 à 4 ans. Les séjours peuvent durer jusqu’à quatre semaines selon les programmes, avec une prise en charge conditionnée à une validation médicale stricte. Lorsqu’elles sont accordées, les cures thermales peuvent être financées de manière particulièrement avantageuse, notamment dans le cadre de la réhabilitation, avec une prise en charge pouvant atteindre 100 %, sous réserve d’une participation forfaitaire modérée.
L’Italie dispose de plus de 380 établissements thermaux et accueille près de 900 000 curistes chaque année.
Les cures sont financées par le Service sanitaire national. Elles sont généralement organisées sur 12 jours et comprennent un nombre de soins défini selon les indications médicales.
Le dispositif est très encadré et structuré, avec un financement important des soins et un reste à charge limité, autour de 55 euros.
En Espagne, le thermalisme est notamment développé à travers le programme IMSERSO, destiné aux retraités.
Les séjours durent en moyenne 12 jours et incluent soins et hébergement. La prise en charge est partielle, mais appliquée à un forfait global, ce qui rend le dispositif accessible à un large public.
Plusieurs pays d’Europe centrale et de l’Est disposent de dispositifs particulièrement protecteurs :
Dans ces pays, la prise en charge peut également inclure l’hébergement, et parfois le transport.
En France, la prise en charge du thermalisme repose sur trois piliers :
Dans les faits, la réalité est simple : le curiste reste le principal financeur de son séjour thermal.
Ainsi, la France n’est pas une exception en matière de prise en charge des cures thermales, mais elle se situe plutôt dans la partie basse du spectre européen en termes de générosité.
Pour autant, le thermalisme français demeure respecté et envié en Europe pour la qualité de ses soins et son niveau d’exigence médicale. Il continue de jouer un rôle important dans la démonstration du service médical rendu.
C’est donc une filière d’excellence qu’il convient de préserver, dans un contexte européen extrêmement diversifié, où coexistent des modèles de financement très différents mais tous fondés sur une même conviction : l’intérêt thérapeutique du thermalisme.
Article publié par Laura Dupuy
19464